L’édification de notre belle nation à coups de mariages entre filles de roi et fils de reine nous a donné des débiles permis d’avoir un pays dont les frontières sont ce qu’elles sont. De même, certains traités nous ont permis d’augmenter la taille du pays par récupération de régions dont visiblement personne ne voulait à part nos dirigeants.
Et curieusement, ces mêmes régions sont généralement celles où l’on peut voir éclore, génération après génération, le même discours : celui des indépendantistes, celui qui répète inlassablement la primauté de l’autochtone sur l’allogène, la volonté de se débrouiller seuls, entre nous, et la joie de parler une langue à moitié morte.
Après tout, pourquoi pas. Il faut bien que jeunesse se passe et si cela doit justement passer par le port d’une cagoule, cela peut nous soulager de la vision de certaines têtes d’abruti. Et puis c’est le boulot des pandores, donc… cela ne nous intéresse pas ici.
Cependant, l’annexion de ces régions nous a quand même apporté des choses positives :
- La cuisine : seule l’annexion de la perfide albion aurait pû être dommageable à nos estomacs. Heureusement, les soldats qui mangent mal sont féroces et ceux de sa gracieuse majesté ont toujours parfaitement résisté.
- Le mélange : les grands blonds et les petites brunes vont bien ensemble (et l’inverse aussi). Quant aux rousses, elles sont parfaites pour tout le monde…
- Les mots : notre langue absorbe avec facilité les mots des autres, faisant preuve d’une capacité d’assimilation dont beaucoup sont dépourvus (surtout les ministres de l’intérieur).
Parmi ceux-ci, le “Vocero”, mot corse (comme Tino Rossi) désignant le chant funèbre exécuté par une pleureuse pour un défunt (forcément corse – comme Tibéri – sinon la pleureuse elle chante pas). C’est beau, c’est pathétique, c’est lugubre et c’est définitif : pas de retour après un Vocero : en cas de resurrection, prière au défunt de se recoucher !
Tous les chefs corses ont le droit à un beau vocero : Napoléon, Paoli, Christophe Colomb (comme on dit à Calvi), et tous ceux qui se prennent pour eux : les sauveurs brevetés ou non, les conquérants, les grands et les petits chefs, les calamiteux, les mythomanes, les nains sautillant.
Il est des lendemains que l’on espère joyeux !
Bonjour chez vous.